Et la bouteille de la semaine sera donc le Cointreau. Si plusieurs cocktails légendaires font appel dans leur recette à du cointreau ce n’est pas un hasard. Cette liqueur, parmi d’autres -amers, vermouths, etc.- fût importée sur le nouveau continent au XIXème siècle, terre du cocktail. Ses arômes d’agrumes incisifs ont su lui frayer un chemin dans l’univers des boissons mélangées. Dans cet article, voyons ensemble la fabrication du cointreau, ses arômes et son utilisation en cocktail.

Cointreau, plus d’un siècle en bonne compagnie

Ingrédient rapidement indispensable de vos cocktails qui apporte une certaine complexité supplémentaire à vos boissons mélangées

Oubliez le cointreaupolitan ou encore le cointreaujito, purs produits marketing inventés par la marque et ne présentant que peu d’intérêt gustatif.

Ce ne sont pas les seuls, les marketeurs en manque de créativité, pensent pouvoir remplacer un produit par un autre, aussi différent soit-il et appliquer la même recette dans les mêmes proportions. Allez dire à J.Robuchon que le bœuf bourguignon se réalise aussi au poulet ou au canard…

Sachez tout de même que les marques ont également parfois des bonnes idées en lançant des concours de création cocktail et en faisant confiance aux barmen à ce sujet !

Le fameux Cosmopolitan, encore à la mode, à juste titre -bien que très souvent mal réalisé-, inventé lors d’un concours Absolut Vokda.

Le Green Beast, Mojito killer, cocktail rafraîchissant et faiblement alcoolisé à boire par litres en été, inventé par Pernod Ricard à l’occasion de la sortie de leur absinthe.

 

cointreau-cocktail-liqueur

Le cointreau, comment c’est fait ?

Décryptons ensemble ce procédé, en quelques lignes sinon on va vous perdre !

N’écoutez pas wikipedia pour le coup, bon ce n’est probablement pas la première fois qu’on vous dit ça ! Le processus est relativement simple et il s’agit du même que la plupart des gins ou liqueurs.

On utilise ce qu’on appelle un alcool neutre qui va servir de solvant, un peu comme l’eau est le solvant pour votre thé. Le but est d’extraire les arômes de vos ingrédients qui macèrent dans l’alcool. Cet alcool titre probablement 95° d’alcool à sa sortie de la colonne de distillation.

Dans le cadre du Cointreau, on extrait des arômes d’agrumes, donc on fait macérer des écorces de différents types d’orange. Pour éviter l’amertume associée, on va distiller le mélange obtenu pour ne récupérer que les arômes souhaités.

On terminera par réduire l’eau de vie à 40% d’alcool et surtout la sucrer fortement, à hauteur de 180gr/L, ce qui en fait une liqueur.

 

Quel goût a le cointreau ?

Au nez, l’alcool neutre ne dupe personne et un côté « alcooleux » chatouille instantanément vos narines. Les arômes d’orange viennent par dessus, comme une couche de peinture un peu trop diluée qui laisserait entrevoir la charpente.

En bouche, on regrette le côté presque « délicat » du nez… On est secoués dans tous les sens par les épices, le feu de l’alcool et le sucre. Un fort côté orange aux clous de girofle se fait sentir, assez agréable. Une finale relativement suave marquée par le sucre et léger côté orange à la cannelle.

 

Son utilisation en cocktail

Le Cointreau est utilisé depuis plus de 100 ans en cocktail, on le trouve dans le Sidecar et la Margarita. Si certaines recettes utilisant cette liqueur sont faites en sour, prenez garde pour les recette aromatiques, refroidies au verre à mélange. En effet, cet alcool a un côté « sec » assez puissant… Vous auriez vite fait de casser le trame de votre cognac en ayant la main un peu trop généreuse.