Le gin avec le tonic, un des mélanges les plus sacrés. Certainement l’un des mélanges les plus bus sur la planète, nous verrons dans cet article son histoire ainsi les astuces pour créer le meilleur Gin Tonic possibles.

Le Gin Tonic est probablement l’un des cocktails les plus évidents à faire (et pourtant!), mais au delà de sa facilité a être réalisé, ce mélange était bu pour se protéger et se soigner du paludisme il y a 3 siècles. L’arbre à fièvre était le seul fournisseur de cette précieuse quinine, molécule qui donne l’amertume de cette boisson.

Le Gin Tonic, histoire d’un cocktail phare, utilisé autrefois pour ses vertus médicinales

Le gin, cet alcool incompris

Le gin est l’un des plus vieux spiritueux, ses modes de consommation et techniques de fabrication ont eu l’occasion de changer maintes fois au cours des plus de 3 siècles d’existence.

Son histoire fut également chahutée et ses buveurs ont parfois eu de tristes destins. Le gin était la figure de proue de l’ivresse britannique dès le XVIIème siècle. C’est en partie pour ces raisons que ce spiritueux fut taxé fortement puis prohibé.

« Ne faites pas ce que je dis, ne faites pas ce que je fais » un buveur ignorant de gin

Quiconque prétendra que le gin se boit pur est soit snob soit ignorant… ou les deux !

Cependant, échangez avec ceux qui ont de l’expérience et tout le monde s’accordera sur le fait que : le gin se mélange. Il est de bon ton de le goûter sec, à température ambiante pour en apprécier ses saveurs, dues aux infusions diverses de plantes, fruits et aromates parfois rares. Une fois ceci fait, destinez le au cocktail, vous me remercierez.

Recette du Gin Tonic

Si vous avez le temps, allez donc voir ce super article de C. Lambert sur l’impact du Tonic sur le Gin Tonic puis par la suite, foncez sur CocktailMolotov voir l’intéret de mettre des bons produits dans votre Gin Tonic

Imprimer la recette
Gin Tonic, la recette idéale
Le cocktail s'approchant du meilleur ratio plaisir/facilité. Un coup de gin, un gros coup de tonic, des gros glaçons dans un grand verre. C'est pas compliqué de se faire plaisir !
un beau verre de gin tonic cocktail colada
Portions
Ingrédients
Portions
Ingrédients
un beau verre de gin tonic cocktail colada
Instructions
  1. On va utiliser un grand verre ballon, idéal pour ce cocktail
  2. Ajoutez votre gin
  3. Ajoutez beaucoup de gros glaçons.
  4. Commencez à mélanger pour refroidir le gin et le verre
  5. Versez doucement le tonic pour éviter de casser les bulles
  6. Rajoutez un ou deux coups de cuillère, pas plus. Le but est l'harmonisation du cocktail, pas se retrouver avec un mélange plat.
  7. Ajoutez au choix un zeste d'agrume exprimé sur le dessus, des baies, une branche de celeri... Evitez d'en faire une salade composée Bonne dégustation !

Une mode pour les médias

Les médias annoncent depuis plusieurs années son grand retour mais ces derniers sont loin des chiffres de vente et loin des consommateurs. Et ce n’est certainement pas en conseillant de le boire pur sans le mélanger que celui-ci va exploser. S’il peut être subtil et fin,  il manquera bien souvent de souplesse et de rondeur pour se laisser boire entre amis au coin du feu.

Si le gin affiche une croissance enthousiaste qui pousse certains aventuriers à se mettre à en produire, n’oublions pas qu’en France c’est bien le whisky, suivi de très loin par le rhum, qui mène la danse.

Difficile d’affirmer qu’un spiritueux est meilleur qu’un autre, ceux-ci ont simplement leurs modes de consommation et leurs habitués qui peuvent différer.

Laissons au vestiaire clichés et préjugés

Souvent synonyme d’élixir de mauvais souvenir, pardonnez moi de vous dire que ce n’est pas le gin, mais bien l’abus de gin –et de mauvais gin- qui vous a rendu malade par le passé… Ceci marche également avec le vin, le whisky, la bière, etc.

Mettons de coté ces vieilles rancunes qui n’ont pas lieu d’être. Le gin est merveilleux en cocktail. Et c’est tant mieux car c’est bien à cela qu’il est destiné.

Gin & Tonic, des amants de longue date

Déclinable à l’envi et à l’infini, son partenaire de toujours sera l’eau tonique ou encore « tonic ». Ce soda historiquement aromatisé à l’écorce de quinquina. L’écorce, utilisée en infusion est réputée pour ses vertus médicinales et prévenait du paludisme pour les colons qui s’aventuraient en Inde.

L’infusion ou la poudre coupée  en premier lieu à de l’eau gazeuse et du sucre, ce qui donna lieu à l’eau tonique,  fût ensuite diluée avec du gin pour en atténuer sa puissance et fournir un remontant apprécié.

Les premières marques commerciales d’eau tonique datent du milieu du XIXe siècle. Sachez que l’eau tonique de l’époque n’a rien à voir avec la notre. Celle-ci étant désormais « faiblement », mais déjà bien assez pour beaucoup, amère et ne possède plus aucune propriété anti-paludisme –intimement liée à sa concentration en substance et donc à son amertume-.

Historiquement donc, le gin allait de pair avec le « tonic », mais ce n’est pas tout.

Mais le Gin a bien d’autres usages en cocktail, il est indispensable pour quiconque souhaite se mettre sérieusement au cocktail. Retrouvez le dans un twist de dry martini signé Colada mais également dans le fameux cocktail de mariage concocté par nos soins et aussi dans de sublimes punchs !

Le Gin, un brin d’explication sur sa fabrication

La méthode actuelle de production de gin n’existait pas au XVIIème siècle, la qualité de l’alcool était bien inférieure et c’est probablement comme ça qu’est né le gin. En effet on utilisait les plantes et aromates pour parfumer un alcool bien souvent littéralement infâme.

Désormais, votre fidèle bouteille de gin est produite de la sorte :

Bien souvent, le producteur, qui n’a pas les moyens de le produire, va s’approvisionner en alcool neutre, une vodka distillée en colonne et sortant de l’appareil à 96,25 degrés –je ne parle pas de température-.

Cet alcool, qui va servir de solvant, doit être le plus pur possible pour éviter d’ajouter au produit final des arômes non souhaités ou pire, des composés toxiques –méthanol quand tu nous tiens-.

C’est un peu comme le rhum arrangé de votre oncle qui revient de vacances en Martinique.

Mais y a quoi dans ce gin ?

C’est dans cette eau-de-vie qu’infusent bon nombre de « choses » qui vont donner du goût. Le gin possède bien souvent l’appellation London Dry, la plus connue, qui impose entre autre une quantité de baies de genièvre pour pouvoir s’appeler ainsi. Le produire à Londres n’est pas une obligation contrairement à ce que son nom pouvait laisser penser. Le gin est vraiment un pot pourri et chaque producteur y va de son mélange perso… noix de muscade, salicorne, écorces d’agrumes, baies de genièvre, houblon, fève tonka, poivre, coriandre, caviar…

Après l’infusion des ingrédients dans cet alcool, cette décoction va être bien souvent redistillée à l’alambic. La distillation permet une concentration et un choix des arômes que l’on souhaite garder. Prenons comme exemple l’écorce de citron dont une partie est amère –la partie blanche-, on souhaite les arômes d’agrume mais pas l’amertume dans le produit final. Les molécules d’amer ne sortiront donc pas de l’alambic. Et voilà que vous vous retrouvez avec les fragrances du fruit mais sans son astringence.

Le Gin, tout comme le whisky n’était historiquement pas vieilli.

Si le dernier est désormais exclusivement bu vieilli –minimum 3 ans de vieillissement pour produire du scotch whisky-, le premier est resté majoritairement dénué de toute teinte de bois.

Je dis bien « de toute teinte de bois » puisque un certain nombre de producteurs de gin effectuent une dernière infusion avant embouteillage, lui procurant saveurs et couleur supplémentaires.

Sur ce, bonne dégustation !

N’oubliez pas de suivre nos articles sur le Huffington Post ainsi que nos publications sur ExcellenceRhum, la boutique en ligne du rhum !